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Ephésiens 5.3-20

Mathieu Sanders

Activités

Vivre autrement

Si l’on me demandait quelle est ma saison préférée de l’année, je répondrai sans hésiter que c’est le printemps. Toutes les saisons ont leur beauté, bien sûr, même si personnellement je milite pour une réduction du temps hivernal de 50 % en France. Mais, il y a quelque chose que je trouve magnifique lors du printemps,  c’est la vie qui revient. D’une certaine manière, toute la nature, toute la création, s’éveille d’un long sommeil.

Le texte biblique que nous allons examiner ce matin, et qui vient d’être lu, peut facilement être mal compris. Si nous le lisons hors contexte, nous pouvons facilement le lire comme un texte « donneur de leçon », moralisateur (dans le sens péjoratif du terme). Or, lire ce texte de cette manière, c’est passer complètement à côté, non seulement de sa force, mais aussi de son extrême actualité.

Au cours de cette série sur l’épître aux Éphésiens, Édouard a évoqué plusieurs fois le caractère grandiose, magnifique, de ce que nous pouvons dans cette lettre. L’apôtre Paul révèle ni plus ni moins le grand projet que Dieu entretient depuis toujours, de toute éternité. Un projet de rédemption de l’humanité rebelle, un projet qui s’est dévoilé peu à peu au cours de l’histoire et dont le point culminant se trouve dans l’œuvre de Jésus-Christ. Ce qui est extraordinaire dans cette lettre, c’est que Paul, grâce à l’autorité qui est la sienne en tant qu’apôtre, peut nous donner un véritable aperçu de la pensée de Dieu, ainsi que de son projet éternel. Et cela est d’autant plus extraordinaire que ce grand projet de rédemption, tout en ayant une dimension universelle (voire cosmique), s’adresse à des hommes et des femmes comme vous et moi. Dieu nous appelle à la foi en Son Fils Jésus-Christ qui nous permet d’entrée dans ce plan majestueux de salut.

Avant de commenter plus précisément le texte d’aujourd’hui, je voudrais attirer votre attention sur le verset 14 qui montre quel est le véritable souci de Paul dans ce passage. Paul écrit ou cite un tout petit poème qui exprime d’une certaine manière l’idée forte de toute cette section :

« Or ce qui paraît à la lumière est lumière. De là viennent ces paroles : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts : le Christ fera lever sa lumière sur toi. »

Vous vous rappelez ce que j’ai dit au début, à propos du printemps ? Qu’il symbolise un retour à la vie après un long sommeil ? Eh bien, je crois que Dieu nous appelle, en Christ, à un retour à la vie véritable après un long sommeil. Et je crois que c’est cela qui doit guider notre compréhension de ce passage.

Je vous propose une phrase qui résume convenablement, j’espère, les propos de Paul dans ce passage. Une phrase que je diviserai ensuite en trois parties qui nous guideront dans notre réflexion.

(1) Détournez-vous totalement des pratiques malsaines et idolâtres, (2) pour vivre dans la lumière de Dieu, (3) par un comportement sain et dans l’adoration de Dieu.

« Moi qui suis prisonnier à cause du Seigneur, je vous demande donc instamment de vous conduire d’une manière digne de l’appel qui vous a été adressé »


1. Détournez-vous totalement des pratiques malsaines et idolâtres (3-7)



Je me souviens d’une amie libanaise qui, il y a plusieurs années, nous disait, à ma famille et à moi, qu’elle ne supportait pas les feux d’artifice à cause du bruit que ceux-ci faisait (notamment lorsqu’ils sont tout prêt) parce que cela lui rappelait les bombardements. Cette amie cherchait à oublier un lourd passé, cette guerre civile interminable dans laquelle elle avait perdu plusieurs membres de sa famille. Et, elle ne supportait pas que quoique ce soit lui rappelle ce passé dramatique.

Paul nous rappelle dans ce texte l’appel qui nous est lancé par Dieu, afin de vivre une vie nouvelle dans sa présence. Et Paul nous invite à nous débarrasser de toutes choses qui sont l’expression  de notre ancienne manière de vivre, sans Dieu (même par de simples paroles).

« Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints. » Éphésiens 5 : 3 »

Paul ne mâche pas ses mots. Il ne demande pas simplement aux chrétiens de ne pas commettre l’immoralité sexuelle, l’impureté et l’avidité. Il leur demande de ne pas même les mentionner ! Nous notons  par ailleurs que le comportement décrit par Paul est assez large : il évoque l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ainsi que la soif de posséder. Examinons en quelques mots ces trois choses.

L’immoralité sexuelle
Cela ne concerne pas seulement la débauche grossière, qui était très présente au temps de Paul, (parfois dans le cadre de cérémonies cultuelles ou il y avait de la « prostitution sacrée ») ; débauche grossière qui est encore bien d’actualité aujourd’hui, dans la pornographie, la commercialisation à outrance du sexe, etc. Mais, au-delà de la débauche caricaturale, l’immoralité sexuelle dont parle Paul concerne tout détournement de la pratique sexuelle du cadre pour laquelle Dieu l’a prévue, c’est-à-dire un engagement, fondé sur la fidélité et la confiance, entre un homme et une femme pour la vie, autrement dit, le mariage.

Je sais que cette parole n’est pas facile à recevoir. Je sais aussi qu’elle n’est pas toujours facile à vivre, en particulier lorsque nous sommes célibataires. Nous sommes dans une société qui, non seulement, banalise la sexualité hors mariage mais en fait également la promotion. Mais, au verset 3, Paul estime que l’inconduite sexuelle ne convient pas à des hommes et des femmes saints, c’est-à-dire  pardonnés par Dieu et appelés à une vie nouvelle. Cette façon de vivre appartient au passé et il convient de s’en détacher totalement.

Il faut comprendre que le but de Paul ici n’est pas de mépriser ou de stigmatiser des gens qui ont pratiqué par le passé, ou même qui pratiquent encore l’immoralité sexuelle. De toute évidence, il estime que certains de ses lecteurs seront concernés, sinon il ne prendrait pas le temps d’en parler. Non, son objectif est de leur rappeler, très fermement, que cette façon de vivre est incompatible avec la vie nouvelle en Christ. Et, il va jusqu’à leur dire de ne pas même mentionner cette immoralité. Pourquoi ? Parce qu’il faut s’en détacher totalement. C’est fini ; c’est du passé. Aujourd’hui, nous vivons autrement. Nous avons été pardonnés ! Et, Dieu nous dit tout simplement : « N’en parlons plus. »

L’immoralité sous toutes ses formes
La même chose vaut pour l’impureté sous toutes ses formes. L’expression est très large : ce qui est impur, en définitive, c’est tout ce qui s’oppose à Dieu, tout ce qui est altéré par le péché, tout ce qui ne respecte pas la volonté du Créateur.

La soif de posséder
Enfin, Paul évoque la soif de posséder, ou dans d’autres traductions l’avidité. Il peut s’agir d’une avidité du gain, d’un désir avide de s’en mettre plein les poches, ou d’un désir porté sur quelque chose que nous voulons absolument avoir. Et, dans le contexte, il est possible que Paul ait aussi à l’esprit l’avidité sexuelle : vouloir posséder quelqu’un, voir l’autre comme un objet utilisé pour sa satisfaction personnelle.

Tous ces comportements ne doivent même plus être mentionnés. La page est tournée, ils doivent être relégués définitivement au passé. Rappelez-vous l’image du feu d’artifice ! Paul nous exhorte à ne pas maintenir quelque lien que ce soit avec cette ancienne vie et à ne rien dire ou faire qui puisse entretenir la nostalgie, ou la tentation d’une vie détournée de Dieu.

Les paroles grossières
C’est pour cela qu’au verset 4, Paul invite les chrétiens à se détourner des « paroles grossières », et des « propos stupides ou équivoques ». Il est tellement facile de se laisser emporter par un humour malsain, ou par un langage malsain, vulgaire, en nous disant que ce n’est pas si grave, puisque nous ne faisons pas concrètement les choses dont il est question. Mais nous devrions nous interroger : « Combien de nos moyens de divertissement s’appuient précisément sur ce qui est contraire à la volonté de Dieu pour faire rire ? » Est-ce que nous nous posons la question de savoir si toutes nos paroles font honneur à Dieu ? Ce que je dis, ce que je viens de dire, ce que j’ai l’intention de dire, est-ce que je pourrais le dire sans aucune honte ou crainte en présence de Jésus-Christ ? Or précisément, Jésus-Christ est présent auprès de nous.

Si nous sommes tentés de parler ou de plaisanter vulgairement, posons-nous la question suivante : « Comment se fait-il que je ne me permettrais pas de parler vulgairement en présence de notre patron mais que cela ne pose aucun problème en présence de Dieu ? » Paul, au verset 3, s’adresse à des saints, c’est-à-dire, comme il l’a montré plus tôt dans l’épître, à des gens qui ont été rendus saints par Dieu. Il s’adresse à des gens qui ont un « héritage dans le royaume de Christ et de Dieu » (verset 5), des gens qui ont été scellés par le Saint-Esprit (chapitre 1), des gens qui sont gardés précieusement par Dieu pour la gloire à venir. Comment imaginer que ces personnes-là, que Dieu a mis à part pour être son peuple, s’amusent à vivre, à penser et même à parler comme si de rien n’était, comme si la vie continuait comme avant. C’est absurde !

Paul nous met en garde au verset  5 :

« Ceux qui méprisent la volonté de Dieu ne peuvent évidemment pas être héritiers de Dieu. : 3 »

Paul n’hésite pas à dire que le fait de s’attacher à ces œuvres mauvaises, c’est de l’idolâtrie (verset 5), parce que c’est une façon d’accorder à des choses, qui sont contraires à Dieu, l’attention qui ne devrait revenir qu’à Dieu seul.

Je tiens à préciser que je ne crois pas qu’être chrétien signifie renoncer à tout divertissement ou tout plaisir que nous pouvons trouver dans ce monde. Je pense qu’il est tout à fait possible, en bonne conscience, d’aller au cinéma, de regarder des DVD, de lire des livres, d’aller sur internet, de partager beaucoup de choses avec des gens qui ne partagent pas notre foi, etc. Mais, il nous faut faire preuve de discernement : dans nos loisirs, et dans tout ce qui nourrit notre pensée, nous devons nous demander ce que nous allons chercher, et ce que nous désirons. Est-ce que nous cherchons à nous délecter des choses qui appartiennent à la vie sans Dieu, alors que Dieu s’est frappé lui-même jusqu’à la mort sur la croix pour nous sauver de cette vie ? Est-ce que notre désir est tourné vers Dieu lui-même, vers la joie d’une relation intime avec lui, vers ses promesses d’un avenir magnifique ?

Au verset 6, Paul évoque les paroles sans fondement et nous demande de ne pas nous laisser tromper par elles. Peut-être a-t-il en vue la dernière mode intellectuelle, ou peut-être plus généralement des propos qui ont peut-être une apparence persuasive mais qui sont en réalité creux et vains. Nous sommes appelés à vivre en héritiers de Dieu, et cela implique de rejeter, jusque dans nos paroles et nos pensées, l’immoralité, l’impureté, la soif de posséder, bref, le péché. Paul nous rappelle d’ailleurs qu’une vie malsaine ne sera pas sans conséquences : il y aura un jour où chacun devra rendre compte de sa vie devant Dieu. Et ce jour-là, ceux qui auront persisté dans leur rébellion, en méprisant la grâce de Dieu qui leur est adressée en Christ, devront faire face à la juste colère de Dieu. Il convient donc de s’assurer que nous ne faisons pas partie de ces rebelles, que nous refusons de contribuer à ce comportement hostile à Dieu. Or quand nous avons vraiment saisi quelle est la vie nouvelle que Dieu nous propose, alors nous ne pouvons qu’avoir le désir de renoncer à ce qui nous séparait de Dieu. Et, nous serons poussés, non pas à être fascinés par les choses qui s’opposent à Dieu, mais plutôt à remercier Dieu encore et encore de tout ce qu’il a fait, qu’il fait et qu’il fera pour nous. C’est dans ce sens que Paul appelle ses lecteurs à remplacer les « paroles grossières, les propos stupides » par les actions de grâce, c’est-à-dire des œuvres et des paroles qui expriment notre reconnaissance envers Dieu. Et c’est ce que Paul développe ensuite lorsqu’il nous invite à vivre dans la lumière.




2. Vivre dans la lumière (8-14)



Dans les versets 8 à 14, Paul fait ressortir un contraste entre ténèbres et lumière, et appelle ses lecteurs à « vivre dans la Lumière ». Pour mieux comprendre ce qu’est la lumière, voyons déjà ce que Paul entend par les ténèbres.

Nous avons déjà vu que les actes que Paul dénonce sont ceux que nous ne pouvons pas accomplir en bonne conscience devant Dieu. Et les ténèbres englobent les choses sue lesquelles la lumière ne brille pas, les choses qui ne sont pas agréées de Dieu, les choses qui ne sont pas conforme à sa volonté. Et souvent, ce sont des œuvres que nous voulons cacher aussi aux hommes, ou du moins à certaines personnes, parce que nous savons que nous ne pourrions pas les justifier en bonne conscience. C’est pour cela, je pense que Paul parle, au verset 12, d’œuvres faites « en secret ». Or, Paul nous demande de renoncer totalement à notre ancienne vie sans Dieu et de vivre une nouvelle vie de lumière.

La transformation qui permet de passer des ténèbres à la lumière est évoquée au verset 8 :
« Si autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. »

Quel incroyable privilège et quelle incroyable responsabilité ! Notons que Paul ne dit pas « vous êtes dans la lumière ». Il dit « Vous êtes lumière ! »… mais il précise : « dans le Seigneur ». Ces trois derniers mots sont très importants : c’est dans le Seigneur et seulement en lui qu’un être humain peut vivre une vie de lumière. Et cela veut dire que vivre dans les ténèbres, ce n’est pas forcément vivre une vie où l’on se vautre dans le péché, une vie complètement dissolue ou bien morbide. Vivre dans les ténèbres, c’est tout simplement vivre sans Dieu. Jésus-Christ a dit lui-même qu’il était la Lumière du monde, et la lumière qui illumine notre vie c’est précisément celle de Christ. Ce n’est pas notre propre capacité à pratiquer le bien, mais la marque de celui qui agit en nous.

Jésus-Christ est, si on veut, la torche qui allume chaque bougie. La source de lumière, c’est lui ! Et c’est uniquement à son contact que nous pourrons être illuminés par lui. Paul appelle ses lecteurs à vivre comme des  « enfants de Lumière ». Vous vous rappelez peut-être qu’au chapitre 1 de cette lettre, Paul montre que ceux qui croient en Christ sont adoptés par Dieu. Ils deviennent ses enfants, ses héritiers. Or, Dieu est lumière. Par conséquent, celui qui est adopté par Dieu est « enfant de lumière. » C’est une expression qui nous parle peut-être un peu moins aujourd’hui qu’au temps de Paul, mais qui renvoie bien à notre relation filiale à Dieu. Et les enfants de Lumière sont appelés à vivre d’une manière cohérente avec leur adoption. Ils sont appelés à accomplir « le fruit de la lumière ». Paul précise ce qu’est ce fruit au verset 9 :

« Toute forme de bonté, de justice et de vérité. »

Ce sont des œuvres qui sont « agréables au Seigneur », qui correspondent à sa volonté (verset 10). Et si Paul parle de « lumière », c’est avant tout parce que ces œuvres justes peuvent être accomplies en pleine lumière, en bonne conscience, sans devoir cacher quoique ce soit. Et, ce sont aussi des œuvres qui, parce qu’elles sont lumineuses, montrent le contraste avec les ténèbres et, ce faisant, dévoilent les ténèbres, révèlent le mal pour ce qu’il est. On voit cette idée au verset 11 :

« Ne participez pas aux œuvres stériles des ténèbres, mais démasquez-les plutôt. »

Démasquer les œuvres stériles des ténèbres, cela va par exemple consister à dire clairement que vous ne pouvez pas participer à un coup bas que vos collègues sont en train de préparer contre la chef, leur dire que c’est une chose injuste et immoral. Cela peut consister à aimer une personne, alors que tout le monde dit du mal de cette personne, même si cette personne est une personne difficilement aimable.

Paul nous rappelle, au verset 13, qu’un jour viendra où tout sera démasqué. La lumière de Dieu viendra révéler au grand jour les œuvres des hommes. Mais, c’est aussi cette lumière qui va mettre fin aux ténèbres, qui va inaugurer un monde nouveau. La promesse de cette intervention de Dieu est donc un sujet de joie pour ceux qui se sont confiés en lui, et une invitation à ceux qui ne l’ont pas encore fait de se réconcilier à Dieu avant qu’il ne soit trop tard. En attendant ce jour, Dieu nous appelle à une autre vie. Et voici l’appel qu’il nous lance :

« Réveille-toi, toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera. » (Verset 14) »

Dans la dernière section du texte, Paul montre à quoi ressemble cette vie de lumière. C’est une vie qui est le contraire exact de la vie malsaine et idolâtre du passé.




3. Un comportement sain, dans l’adoration de Dieu



Le verset 15 nous exhorte à « faire bien attention » à la manière dont nous nous conduisons. Faire bien attention. La Nouvelle Bible Segond utilise l’expression « veiller avec soin ». Réfléchissez un instant au bien matériel qui vous est le plus précieux : Votre appartement ? Votre voiture ? Votre ordinateur ? A vous de voir. Il y a de grandes chances que vous veilliez avec soin à ce bien. Personnellement, je ne suis pas quelqu’un de naturellement très soigneux. J’avoue que c’est un de mes défauts. Je suis un peu négligent avec les petits détails, en particulier les petits détails pratiques. Souvent, je ne fais pas assez attention à mes affaires, j’oublie de remettre les CDs dans leur boîte et, du coup ils finissent par être rayés, etc. Mais je constate, tout de même, que plus quelque chose est précieux, plus je fais attention. Par exemple, je suis quand même assez soigneux avec mon ordinateur. Je fais attention de bien l’éteindre, de bien le ranger, de ne pas faire n’importe quoi avec.

Paul nous demande ici d’être attentionnés à notre conduite. Puisque nous sommes appelés à vivre dans la lumière, c’est-à-dire d’une manière qui reflète notre appartenance à Dieu. Rien dans notre quotidien ne doit être plus important pour nous que le fait de faire plaisir à Dieu, de vivre dans la lumière, c’est-à-dire dans la bonté, la justice et la vérité. Et je crois que cela doit nous mener à une forte remise en question (c’est le cas pour moi en tout cas). Est-ce que je fais preuve de plus d’attention envers quelques-uns de mes biens matériels qu’envers ma conduite devant Dieu ? Est-ce que j’ai tendance à me dire : « Bon, tant que je ne commets pas de grosses fautes ou de faute trop visible, ça ira, et puis de toute façon je fais de mon mieux » ?

L’apôtre Paul nous rappelle que nous devons soigner notre façon de vivre, avec le souci constant de plaire à Dieu. Et il associe cette manière de vivre à la sagesse, qu’il oppose à la folie. Si nous nous demandons ce que Paul veut dire dans ce verset 15, le verset 17 nous éclaire, puisque Paul y redit à peu près la même chose, mais en utilisant des mots différents.

« Ne soyez pas stupides, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. »

La sagesse, c’est le fait de comprendre la volonté de Dieu. Et c’est cette exhortation à la sagesse qui permet de comprendre le verset 16 :

« Rachetez le temps, car les jours sont mauvais. »

Le sens le plus probable de cette expression, ici, est de mettre à profit le temps. Il s’agit donc de mettre à profit le temps dont nous disposons, sachant que nous vivons dans un temps qui est dominé par le mal. Les jours sont mauvais, nous dit Paul. Nous vivons des temps sombres. Donc rachetons le temps, mettant à profit notre temps pour vivre autrement, pour servir Dieu plutôt que de contribuer aux œuvres mauvaises qui dominent le monde. Là encore, Paul évoque une orientation totale de la personne : vers le service de Dieu, vers une conduite qui l’honore et qui est cohérente avec notre adoption.

Aux versets 18 à 20, l’apôtre Paul oppose l’ivresse d’une part et la vie par le Saint-Esprit de l’autre. Il ne faut pas penser ici que Paul considère que l’Esprit nous rend « ivres », un peu comme l’alcool. Au contraire ! Il oppose l’état d’ivresse qui mène à la débauche, et la vie par l’Esprit dont il donne quelques exemples aux versets 19 et 20 : là où l’excès de vin mène à la débauche, l’Esprit mène au contraire au don de soi, à l’encouragement mutuel, et à l’adoration de Dieu.

Paul nous met en garde tout simplement contre le risque de l’alcoolisme, en nous rappelant les conséquences que cela a sur la manière de vivre. Il souligne que ce qui doit inspirer notre conduite n’est pas le vin, mais plutôt l’œuvre du Saint-Esprit qui nous permet de vivre d’une manière qui plaît à Dieu, qui nous permet aussi de trouver notre source de joie en lui.

Le verset 20, quant à lui, doit nous mener là encore à une remise en question. Nous pouvons facilement passer rapidement sur cette exhortation :

« Ah oui, rendez toujours grâce pour tout, au nom de notre Seigneur etc. etc. »

« Il faut être content, il faut dire merci, super ! »

Est-ce que nous mesurons le poids de ce que dit Paul ici ? Rendez toujours grâce pour tout ! Remerciez toujours Dieu pour tout ce qui vous arrive. Récemment j’ai été très touché et, d’une certaine façon, rappelé à l’ordre par l’exemple d’une amie. C’est quelqu’un qui a ce réflexe de remercier Dieu quoi qu’il arrive. Elle rate son train ? Elle remercie Dieu, convaincue qu’il a une bonne raison d’avoir permis cela. Elle a une mauvaise expérience au travail ? Elle remercie Dieu pour cette mauvaise expérience. Et je vous avoue que, malgré ma conviction théorique qu’il faut être reconnaissant en toutes circonstances, mon premier réflexe quand il m’arrive une mésaventure ou, pire, un malheur, est de dire : « Mais enfin pourquoi, Dieu ? Pourquoi tu as permis cela ? » L’interrogation vigoureuse a parfois sa place dans la vie chrétienne, mais il arrive un moment où nous devons savoir remercier Dieu pour tout (sauf bien sûr pour notre péché puisque nous savons qu’il n’est jamais conforme à la volonté de Dieu). Et je dois vous dire que le fait d’adopter cette attitude de reconnaissance apporte beaucoup de profondeur à la relation que nous avons avec Dieu. Nous devons bien comprendre que ce n’est pas une sorte de méthode Coué, une attitude positive hypocrite et forcée, voire un peu masochiste. Non, ce n’est pas cela, parce que dans la reconnaissance, nous ne nions pas la douleur, la déception, l’interrogation. Ce que nous demande Paul ici n’est pas une sorte d’ « échappatoire », mais plutôt la reconnaissance que notre vie est entre les mains de Jésus-Christ et de Dieu le Père (verset 20).

Quelle bonne nouvelle ! Jésus-Christ, lui qui, d’après le chapitre 1, est le souverain légitime de l’univers, dont le règne sera un jour pleinement établi et reconnu par tous, est le maître de notre vie. Et Dieu le Père, qui depuis toute éternité met en œuvre un extraordinaire plan de salut et nous adopte pour que nous devenions son peuple, ses enfants, lui qui a ramené Jésus-Christ de la mort à la vie, c’est Lui qui est notre Père.  C’est Lui, le Créateur de l’univers, qui tient notre vie entre ses mains. Alors comment ne pas répondre à son appel à revenir de la mort spirituelle pour entrer dans la vie véritable, à vivre autrement, en anticipant, dès aujourd’hui, l’intimité éternelle que nous aurons avec Dieu. Cet appel à la vie nouvelle en Christ, Dieu vous l’adresse aujourd’hui, à vous qui n’avez peut-être pas encore pris cette décision. Il vous redit à vous aussi :

« Relève-toi, toi qui dors ; relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera. »

Je vous invite à la prière.




 


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