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Ephésiens 5.21-33

Edouard Nelson

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Un mariage céleste !

Ce qui est bien avec ce texte, c'est que je n'ai pas besoin de raconter une petite blague pour avoir votre attention. Les gens se disent : « Comment va-t-il s'en sortir ? Lui qui nous disait que c'était la plus belle lettre jamais écrite, et là, cette lettre contient des paroles inacceptables, machistes, si dépassées que nous avons du mal à en croire nos yeux ».

Imaginez qu'un jour mon grand-père m'offre un beau couteau bien aiguisé. C'est un couteau d'une certaine valeur, en acier trempé qu'il avait lui même reçu de son père. Je suis très heureux d'un tel cadeau, et je l'utilise avec plaisir pour découper des rôtis, des volailles, etc. Et un jour, en relisant des lettres écrites par mon arrière-grand-père, découvertes dans notre grenier, je découvre que mon arrière-grand-père avait réussi à commettre un meurtre et à le cacher. Il a tué quelqu'un avec ce même couteau. A ce moment là, est-ce que je devrais me sentir coupable d'avoir utilisé ce couteau pour découper des rôtis de porc ? Ce n'est pas le couteau qui est mauvais en soi, qui est condamnable, mais l'utilisation qu'en a fait mon arrière-grand-père. Un bon couteau, c'est très utile, mais c’est aussi très dangereux. Est-ce que Éphésiens 5 a été, par le passé, abusé, détourné par les hommes ? Oui, je l'affirme. Est-ce pour autant qu'il n'a rien à nous dire aujourd'hui ? Non, non et non ! Et je dirais même qu'une lecture attentive de ces mots nous révèle des garde-fous, des mesures préventives afin que ceux qui écoutent ce texte attentivement n'en abusent pas. Abuser ce texte (en maltraitant sa femme par exemple), c'est faire le contraire de ce que dit la Bible ici.

Cela dit, c'est un texte difficile. Mais regardons brièvement ce que nous avons vu la semaine dernière. Ce n’est pas grave si vous n'étiez pas là : il n'y a qu'à regarder un peu plus haut, au verset 5 : 3 :

« Que l’inconduite, toute forme d’impureté, ou la cupidité ne soient pas même mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints ; »

Deux questions bêtes peuvent nous venir à l’esprit :
- Est-ce que verset est en conflit avec ce que nous dit le monde, la société qui nous entoure ?
- Est-ce que ce verset est en conflit avec ce me dit, très souvent, mon cœur, et le vôtre ?

Cela fait plus de seize ans que j'essaye de suivre Jésus-Christ, et donc cela fait seize ans que je me retrouve souvent en conflit avec l'enseignement biblique sur la sexualité. C'est un combat quotidien ! Cela dit, j'ai pu expérimenter la bonté de la vision biblique, dans le célibat et dans le mariage. Quand la Bible me parle de sexualité, il y a un clash avec ce que dit la société, il y a un clash avec ce que désire mon cœur. Mais cependant, je suis convaincu que Dieu a raison, et que sa vision de la sexualité est la meilleure pour l'être humain. Il ne faut pas s'étonner lorsque nous découvrons que la Bible a une autre perspective des relations humaines que ce soit dans le mariage, la famille, et même dans le travail, comme nous le verrons la semaine prochaine. Cette vision du mariage peut être qualifiée de complémentaire. Elle fait partie de l'enseignement biblique sur les hommes et les femmes, enseignement qui affirme deux choses :
- L'égalité complète des hommes et des femmes devant Dieu.
- La complémentarité des hommes et des femmes dans leurs relations les uns avec les autres.

Égaux en statut et en valeur, différents en rôle. (Cette vision, que nous voyons ici appliquée à la famille, a des implications aussi pour l’église qui est une famille spirituelle, mais ce n'est pas notre sujet aujourd'hui.) Si nous creusons la Bible toute entière, nous découvrons que cette vision complémentaire découle de l'ordre que Dieu a établi lors de la création. Ce n'est pas une vision « culturelle » de l'époque de Paul. Selon la Bible, les racines de cette idée vont au delà de la création. La complémentarité découle de la vision biblique de Dieu lui même, le Dieu trinitaire. Le Père, Fils et Saint-Esprit sont tous les trois Dieu pleinement au niveau de leur être, essentiellement égaux. Mais, le Fils se soumet au Père, et pas l'inverse. Ils ont des rôles différents. Par ailleurs, dans le Nouveau Testament, les rôles intra-trinitaires sont évoqués explicitement comme modèle pour les relations hommes-femmes. Dans Éphésiens 5, cette vision complémentaire est déployée pour notre bonheur à tous, et donc j'affirme que ce texte fait partie de la beauté de cette lettre. Je vous propose trois mots aujourd'hui, un mot pour les femmes, mariées ou célibataires, un mot pour les maris, même ceux qui ne le sont que potentiellement, et un troisième mot pour nous tous. Les voici :
- Le respect,
- L'amour,
- Le sacrifice.


1. Le respect


« Femmes » ! Ce premier mot sert de garde-fou. Les versets 22-24 sont adressés aux femmes. Ce n'est pas biblique qu'un mari impose la soumission ou le respect. La Bible ne permet pas cela. Cela ne dit pas : « Hommes mariés, faites-en sorte que vos femmes vous soient soumises ! » Loin de là. Les instructions adressées aux maris viendront par la suite dans le chapitre. Ces premiers versets sont adressés aux femmes, et le verbe utilisé implique un appel à l'exercice de la volonté des femmes et non une imposition autoritaire. Cela est confirmé par la suite du texte : à chaque fois, l'apôtre s'adresse en premier aux personnes qui sont considérées comme inférieures à cause de leur statut : femmes, enfants ou esclave. Il s'adresse à eux en tant qu'êtres responsables, des individus qui sont responsables devant Dieu de leur conduite. Ils sont acteurs et ne reçoivent donc rien de façon passive. De ce fait, Paul renverse l'ordre établi à son époque : c'était révolutionnaire ! Je résume ces versets par le mot « respect ». Du respect…

On pourrait me reprocher le fait que Paul ne parle pas de respect au verset 22-24 mais de soumission. Mais voyons comment l'apôtre résume son enseignement au verset 33. Que veut-il dire par soumission ? Selon le verset 33, il nous dit qu'il parle de respect. L'exemple qu'il donne à ses lecteurs aux versets 22-24 de la relation entre le Christ et son église nous parle d'une soumission dans le contexte d'une relation d'amour. Voilà un autre garde fou. Si aujourd'hui vous vous dites que l'idée de vous soumettre à Jésus Christ, d'accepter son autorité sur vous, ce n'est pas pour vous, alors sachez que cette soumission-là précède toute soumission dans le mariage. Les chrétiens sont appelés en premier lieu à une soumission au Christ, dans un deuxième temps, à une soumission mutuelle (verset 21) et, enfin, à la soumission dans le mariage. Dans la vision biblique des relations humaines, la soumission occupe une grande et belle place : c'est la clé de voûte de notre relation avec notre Seigneur. C'est mon expérience et l'expérience de millions d'autres, y compris beaucoup de personnes présentes ce matin : se soumettre à Jésus-Christ, c'est la meilleure vie au monde. Reconnaître son autorité, chercher à lui obéir même quand nous n’en avons pas envie, ce n'est pas de l'esclavage mais c’est la liberté même. Car il nous connaît mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes, et il sait mieux que nous ce qui est bien pour nous. Se soumettre à Jésus, ce n'est pas dégradant, cela ne nous fait pas perdre notre individualité. Au contraire !  Se soumettre à quelqu’un pourrait être considéré comme un signe de faiblesse, mais dans la Bible c'est une force spirituelle : cela nous demande bien plus de force que de rejeter cette autorité-même. Jésus n'a pas enseigné explicitement la soumission dans le mariage : il est allé bien plus loin en ordonnant la soumission envers nos ennemis ! Jésus n'a-t-il pas dit :

« Je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre joue. Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Matt 5 : 39



La soumission est une grande vertu chrétienne, la marque d'une maturité dans la foi. Se soumettre à Jésus, c'est le devoir de chaque chrétien. Et cela va à l'encontre des valeurs de notre société et des désirs de nos cœurs, tout autant que l'idée de la soumission dans le mariage. Une femme chrétienne doit se soumettre à Jésus, comme tout chrétien, et une femme chrétienne mariée devra adopter aussi une soumission parallèle envers son mari. La vision biblique du mariage est asymétrique, tout comme l’est la vision biblique de la relation entre Jésus-Christ et son peuple. Il y a des différences, bien sûr, car la soumission au mari fait partie de l'expression de la soumission au Christ, de la vie remplie de l'Esprit (verset 18). Donc, cette soumission est encadrée par la soumission à Jésus, et elle est limitée, comme notre soumission les uns aux autres, par la Parole de Dieu. La femme est obligée à l'insoumission si son mari l'encourage dans le péché ! Et, bien sûr, cette soumission n'est pas la soumission à la violence, qu'elle soit verbale ou physique. Si votre mari est violent avec vous, il faut chercher de l'aide (venez m'en parler, ou parlez-en avec Célia. Nous serons heureux de tout faire pour vous aider). Selon la Bible, le mari est celui qui est responsable, qui porte l'autorité, une autorité qu'il doit exercer avec amour, comme nous le verrons. Ce premier aspect d'un couple chrétien nous est donné pour notre bien, pour le bon fonctionnement du couple.

Nous ne pouvons pas établir une démocratie à deux (comment faire lorsque le vote est un pour et un contre ?) La seule solution, c'est le divorce. Ce n'est pas pour rien que, de nos jours, avec notre vision « éclairée » des relations dans le couple, un mariage sur deux en Île de France se termine par un divorce. Cela nous amène à une question : « Est-ce que la vision « démocratique » du mariage véhiculée par notre société fonctionne ? » De toute évidence, non. Le respect de la femme envers son mari est un élément parmi d'autre bien sûr, mais il est peut-être plus important que nous l’imaginons car il permet un bon fonctionnement du couple. Nous pouvons voir un parallèle dans la société. Un gendarme peut m'arrêter pour un excès de vitesse. Je peux choisir de ne pas le respecter, de ne pas arrêter mon véhicule quand il me le demande. Il y a des chances que cela se termine mal pour moi : au lieu de payer une amende, je peux aller en prison. C'est pour notre bien, individuel et collectif, que nous enseignons aux enfants dans notre société de respecter les gendarmes. Le gendarme n'a pas plus de valeur que moi : nous sommes tous citoyens, égaux devant la loi. Cependant, il a un rôle particulier qui permet le bon fonctionnement de la société. Je dois m'arrêter lorsqu'il me le demande. Cette autorité n'est pas réciproque : il n'est pas obligé de s'arrêter si je lui demande. C'en est de même dans le mariage chrétien. L'un n'a pas plus de valeur que l'autre, mais il y a une différence de rôle. L'apôtre Paul peut aussi écrire, qu'en Christ, il n'y a ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre. Il y a une égalité de valeur dans le royaume de Dieu, qui n'est pas remise en cause par les rôles différents. Pour vous qui êtes ou qui seront femmes mariées, cela sera sans doute difficile parfois, mais je vous encourage à respecter vos maris, et à l'aider à porter ses responsabilités. Il faudra s'exprimer, expliquer votre point de vue, tout comme nous le faisons avec Jésus car se soumettre ne veut pas dire ne pas s'exprimer. Il faut aussi l'encourager quand il a des décisions difficiles à prendre. Mais, le respect veut dire que, lorsque vous avez un désaccord, vous devez être prête à accepter sa décision sans aller le critiquer, après coup, dans son dos (en prenant le téléphone pour appeler les copines par exemple). Le respect, c'est lui parler directement quand il a mal agi. La soumission biblique, c'est éviter de lui donner le sentiment d'être inutile parce qu'il est moins doué que vous dans un domaine, ou de le manipuler pour obtenir ce que vous voulez. Le respect biblique implique d’encourager son mari à faire de son mieux pour son couple. Car ce que la Bible dit aux hommes est un défi bien plus grand. Pour les maris, présents ou potentiels, le mot c'est l'amour.


2. L'amour


C'est beau, n'est-ce pas ? Oui, l'amour c'est beau, mais dans ce contexte, l'amour est une chose plutôt pénible, incroyablement difficile, un défi énorme :

« Maris aimez chacun votre femme, comme le Christ a aimé l'église et s'est livré lui-même pour elle ». Éphésiens 5 : 25

Voici l'instruction donnée aux maris : vous devez aimer vos femmes en mourant ! C'est une obligation qui explose toutes les cultures à toutes les époques de l'histoire : un mari doit aimer sa femme par un renoncement à soi si radical que la meilleure image pour l'exprimer, c'est la mort ! L'amour d'un mari chrétien doit être une imitation de l'amour coûteux de Jésus Christ pour son peuple. Les versets 25-26 nous disent que Jésus a choisi de souffrir et de mourir pour gagner le bonheur éternel de son peuple. Il a mis les intérêts de son peuple au-dessus de ses propres intérêts. Voilà l'appel donné à chaque homme qui pense se marier ou qui l'est déjà. Oui, vous avez une responsabilité et une certaine autorité dans votre couple, mais le cadre de l'exercice de cette autorité est celui de l'amour sacrificiel. La vision biblique de l'autorité n'a rien à voir avec la vision du monde qui nous entoure, où être chef veut dire prendre la plus grande part pour soi, la plus grosse voiture, le plus gros salaire, etc. Selon Jésus, l'autorité se définit par le service, par la mort du chef. Il est de votre responsabilité de mettre les intérêts de vos épouses au-dessus des vôtres : par exemple, si vous voulez aller voir un match de rugby et que votre femme veut aller au ciné, c’est à vous de trancher en mettant les intérêts de votre propre épouse avant les vôtres. Et, bien-sûr, cela est vrai pour des décisions plus importantes. A vous de juger ce qui est le mieux pour elle, même si cela implique de vraies souffrances pour vous.

La vision biblique du rôle du mari ressemble à la vision du rôle du bon roi dont parle CS Lewis dans le livre Le cheval et son écuyer, dans la série « Le monde de Narnia ». Le roi Lune parle à son fils qui vient d'apprendre qu'il est l'héritier du trône. Le roi veut tout de suite faire comprendre à son fils qu'un bon roi doit être le premier à prendre sur lui-même les souffrances de son peuple. Je cite :
«Voila ce que cela veut dire, être roi : être le premier dans chaque attaque désespérée, et le dernier dans chaque retraite désespérée, et quand la famine frappe le pays, comme c'est le cas de temps à autre, de porter de plus beaux vêtements et de rire plus fort devant un repas moins copieux que celui de l'homme le plus pauvre de ton pays ».

Cette image du corps nous enseigne quelque chose d'important : la tête doit être responsable de son corps. C'est une obligation essentielle ! La vie du corps et de la tête en dépend. Nous ne pouvons nous empêcher de prendre soin de notre corps, c’est la priorité des priorités. Par exemple, vous arrive-t-il d'oublier de manger ? « - Vous avez mangé quoi hier ? - Hier ? Oh rien ! J'ai oublié de manger ». Quoi ? Pour des hommes en tous cas, c'est inconcevable. Paul s'adresse à des hommes ici. Et bien, chers frères, prendre soin d'une épouse est tout aussi prioritaire : cela devrait être tout aussi inconcevable de ne pas prendre soin de son épouse que de ne pas manger. Enfin un mot à nous tous : le sacrifice.



3. Le sacrifice


Nous voyons dans ce texte ce que nous pouvons appeler l'éthique chrétienne du mariage. Sachez que toute éthique chrétienne dépend non d'une logique humaine mais de l'œuvre extraordinaire de Jésus-Christ. Dans un premier temps, Jésus est l'exemple le plus magnifique de la grandeur de la soumission. Lui-même égal à Dieu le Père en divinité, il n'a pas cherché à profiter de cette nature divine mais il a accepté, avec humilité et même, selon la Bible, avec joie, la volonté de son Père. Face à des souffrances et à une mort qui dépassent notre imagination, il a dit : « Non pas ma volonté, mais que ta volonté soit faite ». Jésus-Christ est aussi le plus beau modèle d'un amour qui donne sans compter. Sa mort à la croix en est la preuve.

Il était une fois un roi dans un pays lointain. Sa famille avait toujours régné sur ce pays, et,  même si certains critiquaient son règne, on ne pouvait pas nier la bienveillance et la générosité de ce roi. Un jour, ce roi décide de trouver une épouse pour son fils. Et tous se mirent à parler : qui serait la femme digne de ce prince ? Il faudra qu'elle soit belle, noble, grande, pure, d'une famille respectée... Mais le roi a trouvé une femme perdue, errante dans la campagne, pauvre et nue, d'origine inconnue. C'est elle qu'il a choisie et il a ordonné qu'elle soit lavée, parfumée et habillée des plus beaux habits. Il fallait la préparer pour son mariage. Elle était la fiancée du prince. Cela faisait beaucoup jaser les courtisans. Les préparations commencent. Sauf que cette femme refuse de prendre acte de son nouveau statut. Elle se moque du roi et de son prince, elle va se prostituer avec des brigands. La fiancée du prince va chercher son plaisir partout sauf chez son fiancé. Elle n'attend même pas la célébration du mariage pour se lancer dans l'adultère. Les bons esprits du royaume sont choqués. Que fera le roi lorsqu'il découvrira la vérité ? Quel supplice suffira pour punir un tel comportement ? L'adultère, c'est déjà un crime, mais contre le roi et son prince, c'est impensable. La loi impose la mort : c'est une offense personnelle contre le roi et son prince ! Le premier président de la cour suprême est appelé. Le procès ne dure pas longtemps, car les preuves ne manquent pas et la fiancée est condamnée. « Justice ! », s'écrie, la foule. « A mort ! » Les gardes du roi amènent la fiancée à la potence. Les mains liées, elle s'approche de la corde du pendu. Et soudainement, le prince se détache du cortège royal. Il s'avance et, devançant la fiancée, met la corde autour de son propre cou. Le bourreau, embarrassé, ne sait pas quoi faire. Il regarde le roi qui, les larmes aux yeux, fait signe d'ouvrir la trappe. Et, devant la foule ébahie, c'est le prince qui est pendu à la place de la fiancée adultère.
 
Chers amis, il l'a fait pour vous, pour nous. Jésus-Christ a pris sur lui-même les justes conséquences de notre adultère, notre insistance d'aller chercher le plaisir partout sauf chez lui. Par son sacrifice à la croix, il rend possible une transformation inouïe. Une femme adultère, infidèle, devient, aux yeux de Dieu, une épouse radieuse, sans tâche ni ride (verset 27). A nos yeux, l'église semble souvent tâchée, laide, méprisée et méprisable, et dans son péché, elle est toutes ces choses. Mais, un jour, elle sera sans tâche, irréprochable, glorieuse ! ! Lors des mariages ici-bas, c'est un des privilèges d'un pasteur d'être devant, et donc de voir arriver dans l'église et remonter l'allée centrale, la mariée toute radieuse, superbe. Quelque soit la beauté à l'état brut, disons, de la femme en question, je n'ai jamais vu de mariée qui ne soit pas magnifique en remontant l'allée centrale de l'église. C'est difficile à imaginer, mais ici, nous apprenons que le peuple qui appartient à Jésus, l'épouse, sera, aux noces de l'Agneau, encore plus radieuse, encore plus pure et sans tâche, que la plus belle mariée que nous pouvons croiser ici-bas. Ce qui est frappant à la fin de ce texte, c'est que l'apôtre nous explique que le mariage humain a été conçu par Dieu comme une illustration du mariage éternel entre Jésus Christ et son peuple (verset 29-32). Le mystère de l'union que vivent les couples mariés nous aide à comprendre l'union entre l'époux divin, Dieu le Fils, et le peuple qui a été purifié par son sacrifice. Selon ce texte et d'autres, la création-même de l'homme et de la femme avait pour but d'illustrer, de faire vivre devant nos yeux, la réalité du projet éternel de Dieu pour son peuple. La soumission d'une femme illustre la soumission de Jésus à son Père et celle de l'église à Jésus. L'amour sacrificiel d'un mari illustre la réalité de la croix de Jésus, sa mort pour nous. Un mariage chrétien, par la grâce de Dieu, ne vise rien de moins que de refléter le projet éternel de Dieu. Nous pouvons le voir dans Éphésiens en se rappelant que le but de ce projet c'est que tout soit récapitulé, résumé, en Jésus, sous lui, avec lui comme tête (Éphésiens 1 : 10). C’est par l'union en Christ de peuples divers qu'un corps est formé (Éphésiens 2), avec Jésus comme tête. Un mariage, c'est la formation d'un corps uni. Cette image du corps lie intimement la vision biblique du mariage au chapitre 5 à ce que l'apôtre dit depuis le premier chapitre. La réalité fondamentale qui se retrouve dans le mariage, c'est le projet de Dieu d'unir un peuple à lui-même, en la personne de son Fils. Et la vision biblique du mariage découle de cette réalité infiniment grande.

Deux mots aux célibataires. Premièrement, sachez que le mariage chrétien vous demandera un engagement sérieux : êtes-vous prêts à vous soumettre ou à aimer de façon sacrificielle l'autre ? Maintenant, c'est le moment de chercher à devenir une personne qui attire par sa sainteté. Un homme qui prend ses responsabilités et les exerce pour le bien des autres attireront toujours les femmes qui aiment Jésus. Une femme qui respecte les hommes et les encourage dans l'exercice de leurs responsabilités attirera toujours les hommes qui aiment Jésus. Deuxièmement, que l'avenir vous apporte un mariage humain ou pas, sachez que le vrai mariage, celui de Jésus et son Église, est plus fondamental et plus important et durera bien plus longtemps que n'importe quel mariage humain. Ce que nous cherchons dans le mariage humain se trouve pleinement dans le mariage avec Jésus-Christ. Sachez enfin que la perspective biblique à venir, c'est une réalité qui découle de la surprise inattendue de l'histoire : le prince exécuté est revenu à la vie, il a vaincu la mort, rendant possible la participation, autrement impossible, d'une fiancée adultère à un mariage éternel, intime, satisfaisant au-delà de nos rêves, avec Dieu le Fils comme époux. Pour résumer, trois mots à retenir. Pour les femmes : du respect. Pour les hommes : de l'amour. Pour nous tous : un sacrifice. Prions ensemble.




 


- Tous les dimanches à partir du 13 avril, nouvelle série :
"Comment Dieu traite ses amis... Le livre de Job" (8 dimanches)

- Prière et étude, mardi 1er avril à 20h30

- Prière et étude, mardi 22 avril à 20h30

- Rencontres de groupes de quartier : contactez-nous si vous êtes intéressés.

Eglise protestante évangélique des Ternes - 8 rue des Ternes - 75017 Paris -- contact@eglisedesternes.org

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