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Edouard Nelson |
Activités
Un mariage
céleste !
Ce qui est bien avec ce texte,
c'est que je n'ai pas besoin de raconter une petite blague pour avoir
votre attention. Les gens se disent : « Comment
va-t-il s'en sortir ? Lui qui nous disait que c'était la
plus belle lettre jamais écrite, et là, cette
lettre contient des paroles inacceptables, machistes, si
dépassées que nous avons du mal à en
croire nos yeux ».
Imaginez qu'un jour mon grand-père m'offre un beau couteau
bien aiguisé. C'est un couteau d'une certaine valeur, en
acier trempé qu'il avait lui même reçu
de son père. Je suis très heureux d'un tel
cadeau, et je l'utilise avec plaisir pour découper des
rôtis, des volailles, etc. Et un jour, en relisant des
lettres écrites par mon
arrière-grand-père, découvertes dans
notre grenier, je découvre que mon
arrière-grand-père avait réussi
à commettre un meurtre et à le cacher. Il a
tué quelqu'un avec ce même couteau. A ce moment
là, est-ce que je devrais me sentir coupable d'avoir
utilisé ce couteau pour découper des
rôtis de porc ? Ce n'est pas le couteau qui est mauvais en
soi, qui est condamnable, mais l'utilisation qu'en a fait mon
arrière-grand-père. Un bon couteau, c'est
très utile, mais c’est aussi très
dangereux. Est-ce que Éphésiens 5 a
été, par le passé, abusé,
détourné par les hommes ? Oui, je l'affirme.
Est-ce pour autant qu'il n'a rien à nous dire aujourd'hui ?
Non, non et non ! Et je dirais même qu'une lecture
attentive de ces mots nous révèle des garde-fous,
des mesures préventives afin que ceux qui
écoutent ce texte attentivement n'en abusent pas. Abuser ce
texte (en maltraitant sa femme par exemple), c'est faire le contraire
de ce que dit la Bible ici.
Cela dit, c'est un texte difficile. Mais regardons
brièvement ce que nous avons vu la semaine
dernière. Ce n’est pas grave si vous
n'étiez pas là : il n'y a qu'à
regarder un peu plus haut, au verset 5 : 3 :
Deux questions bêtes
peuvent nous venir à l’esprit :
- Est-ce que verset est en conflit avec ce que nous dit le monde, la
société qui nous entoure ?
- Est-ce que ce verset est en conflit avec ce me dit, très
souvent, mon cœur, et le vôtre ?
Cela fait plus de seize ans que j'essaye de suivre
Jésus-Christ, et donc cela fait seize ans que je me retrouve
souvent en conflit avec l'enseignement biblique sur la
sexualité. C'est un combat quotidien ! Cela dit, j'ai pu
expérimenter la bonté de la vision biblique, dans
le célibat et dans le mariage. Quand la Bible me parle de
sexualité, il y a un clash avec ce que dit la
société, il y a un clash avec ce que
désire mon cœur. Mais cependant, je suis convaincu
que Dieu a raison, et que sa vision de la sexualité est la
meilleure pour l'être humain. Il ne faut pas
s'étonner lorsque nous découvrons que la Bible a
une autre perspective des relations humaines que ce soit dans le
mariage, la famille, et même dans le travail, comme nous le
verrons la semaine prochaine. Cette vision du mariage peut
être qualifiée de complémentaire. Elle
fait partie de l'enseignement biblique sur les hommes et les femmes,
enseignement qui affirme deux choses :
- L'égalité complète des hommes et des
femmes devant Dieu.
- La complémentarité des hommes et des femmes
dans leurs relations les uns avec les autres.
Égaux en statut et en valeur, différents en
rôle. (Cette vision, que nous voyons ici appliquée
à la famille, a des implications aussi pour
l’église qui est une famille spirituelle, mais ce
n'est pas notre sujet aujourd'hui.) Si nous creusons la Bible toute
entière, nous découvrons que cette vision
complémentaire découle de l'ordre que Dieu a
établi lors de la création. Ce n'est pas une
vision « culturelle » de
l'époque de Paul. Selon la Bible, les racines de cette
idée vont au delà de la création. La
complémentarité découle de la vision
biblique de Dieu lui même, le Dieu trinitaire. Le
Père, Fils et Saint-Esprit sont tous les trois Dieu
pleinement au niveau de leur être, essentiellement
égaux. Mais, le Fils se soumet au Père, et pas
l'inverse. Ils ont des rôles différents. Par
ailleurs, dans le Nouveau Testament, les rôles
intra-trinitaires sont évoqués explicitement
comme modèle pour les relations hommes-femmes. Dans
Éphésiens 5, cette vision
complémentaire est déployée pour notre
bonheur à tous, et donc j'affirme que ce texte fait partie
de la beauté de cette lettre. Je vous propose trois mots
aujourd'hui, un mot pour les femmes, mariées ou
célibataires, un mot pour les maris, même ceux qui
ne le sont que potentiellement, et un troisième mot pour
nous tous. Les voici :
- Le respect,
- L'amour,
- Le sacrifice.
1. Le respect
« Femmes » !
Ce premier mot sert de garde-fou. Les versets 22-24 sont
adressés aux femmes. Ce n'est pas biblique qu'un mari impose
la soumission ou le respect. La Bible ne permet pas cela. Cela ne dit
pas : « Hommes mariés, faites-en
sorte que vos femmes vous soient soumises ! » Loin
de là. Les instructions adressées aux maris
viendront par la suite dans le chapitre. Ces premiers versets sont
adressés aux femmes, et le verbe utilisé implique
un appel à l'exercice de la volonté des femmes et
non une imposition autoritaire. Cela est confirmé par la
suite du texte : à chaque fois, l'apôtre s'adresse
en premier aux personnes qui sont considérées
comme inférieures à cause de leur statut :
femmes, enfants ou esclave. Il s'adresse à eux en tant
qu'êtres responsables, des individus qui sont responsables
devant Dieu de leur conduite. Ils sont acteurs et ne
reçoivent donc rien de façon passive. De ce fait,
Paul renverse l'ordre établi à son
époque : c'était
révolutionnaire ! Je résume ces versets
par le mot « respect ». Du
respect…
On pourrait me reprocher le fait que Paul ne parle pas de respect au
verset 22-24 mais de soumission. Mais voyons comment l'apôtre
résume son enseignement au verset 33. Que veut-il dire par
soumission ? Selon le verset 33, il nous dit qu'il parle de respect.
L'exemple qu'il donne à ses lecteurs aux versets 22-24 de la
relation entre le Christ et son église nous parle d'une
soumission dans le contexte d'une relation d'amour. Voilà un
autre garde fou. Si aujourd'hui vous vous dites que l'idée
de vous soumettre à Jésus Christ, d'accepter son
autorité sur vous, ce n'est pas pour vous, alors sachez que
cette soumission-là précède toute
soumission dans le mariage. Les chrétiens sont
appelés en premier lieu à une soumission au
Christ, dans un deuxième temps, à une soumission
mutuelle (verset 21) et, enfin, à la soumission dans le
mariage. Dans la vision biblique des relations humaines, la soumission
occupe une grande et belle place : c'est la clé de
voûte de notre relation avec notre Seigneur. C'est mon
expérience et l'expérience de millions d'autres,
y compris beaucoup de personnes présentes ce
matin : se soumettre à Jésus-Christ,
c'est la meilleure vie au monde. Reconnaître son
autorité, chercher à lui obéir
même quand nous n’en avons pas envie, ce n'est pas
de l'esclavage mais c’est la liberté
même. Car il nous connaît mieux que nous ne nous
connaissons nous-mêmes, et il sait mieux que nous ce qui est
bien pour nous. Se soumettre à Jésus, ce n'est
pas dégradant, cela ne nous fait pas perdre notre
individualité. Au contraire ! Se
soumettre à quelqu’un pourrait être
considéré comme un signe de faiblesse, mais dans
la Bible c'est une force spirituelle : cela nous demande bien
plus de force que de rejeter cette autorité-même.
Jésus n'a pas enseigné explicitement la
soumission dans le mariage : il est allé bien plus
loin en ordonnant la soumission envers nos ennemis ! Jésus
n'a-t-il pas dit :
« Je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre joue. Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » Matt 5 : 39
La soumission est une grande vertu
chrétienne, la marque d'une maturité dans la foi.
Se soumettre à Jésus, c'est le devoir de chaque
chrétien. Et cela va à l'encontre des valeurs de
notre société et des désirs de nos
cœurs, tout autant que l'idée de la soumission
dans le mariage. Une femme chrétienne doit se soumettre
à Jésus, comme tout chrétien, et une
femme chrétienne mariée devra adopter aussi une
soumission parallèle envers son mari. La vision biblique du
mariage est asymétrique, tout comme l’est la
vision biblique de la relation entre Jésus-Christ et son
peuple. Il y a des différences, bien sûr, car la
soumission au mari fait partie de l'expression de la soumission au
Christ, de la vie remplie de l'Esprit (verset 18). Donc, cette
soumission est encadrée par la soumission à
Jésus, et elle est limitée, comme notre
soumission les uns aux autres, par la Parole de Dieu. La femme est
obligée à l'insoumission si son mari l'encourage
dans le péché ! Et, bien sûr, cette
soumission n'est pas la soumission à la violence, qu'elle
soit verbale ou physique. Si votre mari est violent avec vous, il faut
chercher de l'aide (venez m'en parler, ou parlez-en avec
Célia. Nous serons heureux de tout faire pour vous aider).
Selon la Bible, le mari est celui qui est responsable, qui porte
l'autorité, une autorité qu'il doit exercer avec
amour, comme nous le verrons. Ce premier aspect d'un couple
chrétien nous est donné pour notre bien, pour le
bon fonctionnement du couple.
Nous ne pouvons pas établir une démocratie
à deux (comment faire lorsque le vote est un pour et un
contre ?) La seule solution, c'est le divorce. Ce n'est pas pour rien
que, de nos jours, avec notre vision
« éclairée »
des relations dans le couple, un mariage sur deux en Île de
France se termine par un divorce. Cela nous amène
à une question : « Est-ce que la
vision
« démocratique » du
mariage véhiculée par notre
société fonctionne ? » De
toute évidence, non. Le respect de la femme envers son mari
est un élément parmi d'autre bien sûr,
mais il est peut-être plus important que nous
l’imaginons car il permet un bon fonctionnement du couple.
Nous pouvons voir un parallèle dans la
société. Un gendarme peut m'arrêter
pour un excès de vitesse. Je peux choisir de ne pas le
respecter, de ne pas arrêter mon véhicule quand il
me le demande. Il y a des chances que cela se termine mal pour
moi : au lieu de payer une amende, je peux aller en prison.
C'est pour notre bien, individuel et collectif, que nous enseignons aux
enfants dans notre société de respecter les
gendarmes. Le gendarme n'a pas plus de valeur que moi : nous
sommes tous citoyens, égaux devant la loi. Cependant, il a
un rôle particulier qui permet le bon fonctionnement de la
société. Je dois m'arrêter lorsqu'il me
le demande. Cette autorité n'est pas réciproque :
il n'est pas obligé de s'arrêter si je lui
demande. C'en est de même dans le mariage
chrétien. L'un n'a pas plus de valeur que l'autre, mais il y
a une différence de rôle. L'apôtre Paul
peut aussi écrire, qu'en Christ, il n'y a ni homme ni femme,
ni esclave ni homme libre. Il y a une égalité de
valeur dans le royaume de Dieu, qui n'est pas remise en cause par les
rôles différents. Pour vous qui êtes ou
qui seront femmes mariées, cela sera sans doute difficile
parfois, mais je vous encourage à respecter vos maris, et
à l'aider à porter ses
responsabilités. Il faudra s'exprimer, expliquer votre point
de vue, tout comme nous le faisons avec Jésus car se
soumettre ne veut pas dire ne pas s'exprimer. Il faut aussi
l'encourager quand il a des décisions difficiles
à prendre. Mais, le respect veut dire que, lorsque vous avez
un désaccord, vous devez être prête
à accepter sa décision sans aller le critiquer,
après coup, dans son dos (en prenant le
téléphone pour appeler les copines par exemple).
Le respect, c'est lui parler directement quand il a mal agi. La
soumission biblique, c'est éviter de lui donner le sentiment
d'être inutile parce qu'il est moins doué que vous
dans un domaine, ou de le manipuler pour obtenir ce que vous voulez. Le
respect biblique implique d’encourager son mari à
faire de son mieux pour son couple. Car ce que la Bible dit aux hommes
est un défi bien plus grand. Pour les maris,
présents ou potentiels, le mot c'est l'amour.
2. L'amour
C'est beau, n'est-ce pas ? Oui,
l'amour c'est beau, mais dans ce contexte, l'amour est une chose
plutôt pénible, incroyablement difficile, un
défi énorme :
« Maris aimez chacun votre
femme, comme le Christ a aimé l'église et s'est
livré lui-même pour elle ».
Éphésiens 5 : 25
Voici l'instruction donnée aux maris : vous devez aimer vos
femmes en mourant ! C'est une obligation qui explose toutes les
cultures à toutes les époques de l'histoire : un
mari doit aimer sa femme par un renoncement à soi si radical
que la meilleure image pour l'exprimer, c'est la mort ! L'amour d'un
mari chrétien doit être une imitation de l'amour
coûteux de Jésus Christ pour son peuple. Les
versets 25-26 nous disent que Jésus a choisi de souffrir et
de mourir pour gagner le bonheur éternel de son peuple. Il a
mis les intérêts de son peuple au-dessus de ses
propres intérêts. Voilà l'appel
donné à chaque homme qui pense se marier ou qui
l'est déjà. Oui, vous avez une
responsabilité et une certaine autorité dans
votre couple, mais le cadre de l'exercice de cette autorité
est celui de l'amour sacrificiel. La vision biblique de
l'autorité n'a rien à voir avec la vision du
monde qui nous entoure, où être chef veut dire
prendre la plus grande part pour soi, la plus grosse voiture, le plus
gros salaire, etc. Selon Jésus, l'autorité se
définit par le service, par la mort du chef. Il est de votre
responsabilité de mettre les intérêts
de vos épouses au-dessus des vôtres : par
exemple, si vous voulez aller voir un match de rugby et que votre femme
veut aller au ciné, c’est à vous de
trancher en mettant les intérêts de votre propre
épouse avant les vôtres. Et, bien-sûr,
cela est vrai pour des décisions plus importantes. A vous de
juger ce qui est le mieux pour elle, même si cela implique de
vraies souffrances pour vous.
La vision biblique du rôle du mari ressemble à la
vision du rôle du bon roi dont parle CS Lewis dans le livre
Le cheval et son écuyer, dans la
série
« Le monde de Narnia ». Le roi
Lune parle à son fils qui vient d'apprendre qu'il est
l'héritier du trône. Le roi veut tout de suite
faire comprendre à son fils qu'un bon roi doit
être le premier à prendre sur lui-même
les souffrances de son peuple. Je cite :
«Voila ce que cela veut dire, être roi :
être le premier dans chaque attaque
désespérée, et le dernier dans chaque
retraite désespérée, et quand la
famine frappe le pays, comme c'est le cas de temps à autre,
de porter de plus beaux vêtements et de rire plus fort devant
un repas moins copieux que celui de l'homme le plus pauvre de ton
pays ».
Cette image du corps nous enseigne quelque chose d'important : la tête doit être responsable de son corps. C'est une obligation essentielle ! La vie du corps et de la tête en dépend. Nous ne pouvons nous empêcher de prendre soin de notre corps, c’est la priorité des priorités. Par exemple, vous arrive-t-il d'oublier de manger ? « - Vous avez mangé quoi hier ? - Hier ? Oh rien ! J'ai oublié de manger ». Quoi ? Pour des hommes en tous cas, c'est inconcevable. Paul s'adresse à des hommes ici. Et bien, chers frères, prendre soin d'une épouse est tout aussi prioritaire : cela devrait être tout aussi inconcevable de ne pas prendre soin de son épouse que de ne pas manger. Enfin un mot à nous tous : le sacrifice.
3. Le sacrifice
Nous voyons dans ce texte ce que
nous pouvons
appeler l'éthique chrétienne du mariage. Sachez
que toute
éthique chrétienne dépend non d'une
logique
humaine mais de l'œuvre extraordinaire de
Jésus-Christ.
Dans un premier temps, Jésus est l'exemple le plus
magnifique de
la grandeur de la soumission. Lui-même égal
à Dieu
le Père en divinité, il n'a pas
cherché à
profiter de cette nature divine mais il a accepté, avec
humilité et même, selon la Bible, avec joie, la
volonté de son Père. Face à des
souffrances et
à une mort qui dépassent notre imagination, il a
dit :
« Non pas ma volonté, mais que ta
volonté soit
faite ». Jésus-Christ est aussi le plus
beau
modèle d'un amour qui donne sans compter. Sa mort
à la
croix en est la preuve.
Il était une fois un roi dans un pays lointain. Sa famille
avait
toujours régné sur ce pays, et,
même si
certains critiquaient son règne, on ne pouvait pas nier la
bienveillance et la générosité de ce
roi. Un jour,
ce roi décide de trouver une épouse pour son
fils. Et
tous se mirent à parler : qui serait la femme digne de ce
prince
? Il faudra qu'elle soit belle, noble, grande, pure, d'une famille
respectée... Mais le roi a trouvé une femme
perdue,
errante dans la campagne, pauvre et nue, d'origine inconnue. C'est elle
qu'il a choisie et il a ordonné qu'elle soit
lavée,
parfumée et habillée des plus beaux habits. Il
fallait la
préparer pour son mariage. Elle était la
fiancée
du prince. Cela faisait beaucoup jaser les courtisans. Les
préparations commencent. Sauf que cette femme refuse de
prendre
acte de son nouveau statut. Elle se moque du roi et de son prince, elle
va se prostituer avec des brigands. La fiancée du prince va
chercher son plaisir partout sauf chez son fiancé. Elle
n'attend
même pas la célébration du mariage pour
se lancer
dans l'adultère. Les bons esprits du royaume sont
choqués. Que fera le roi lorsqu'il découvrira la
vérité ? Quel supplice suffira pour punir un tel
comportement ? L'adultère, c'est déjà
un crime,
mais contre le roi et son prince, c'est impensable. La loi impose la
mort : c'est une offense personnelle contre le roi et son
prince !
Le premier président de la cour suprême est
appelé.
Le procès ne dure pas longtemps, car les preuves ne manquent
pas
et la fiancée est condamnée.
« Justice ! »,
s'écrie, la foule.
« A mort ! » Les gardes du roi
amènent la
fiancée à la potence. Les mains liées,
elle
s'approche de la corde du pendu. Et soudainement, le prince se
détache du cortège royal. Il s'avance et,
devançant la fiancée, met la corde autour de son
propre
cou. Le bourreau, embarrassé, ne sait pas quoi faire. Il
regarde
le roi qui, les larmes aux yeux, fait signe d'ouvrir la trappe. Et,
devant la foule ébahie, c'est le prince qui est pendu
à
la place de la fiancée adultère.
Chers amis, il l'a fait pour vous, pour nous. Jésus-Christ a
pris sur lui-même les justes conséquences de notre
adultère, notre insistance d'aller chercher le plaisir
partout
sauf chez lui. Par son sacrifice à la croix, il rend
possible
une transformation inouïe. Une femme adultère,
infidèle, devient, aux yeux de Dieu, une épouse
radieuse,
sans tâche ni ride (verset 27). A nos yeux,
l'église
semble souvent tâchée, laide,
méprisée et
méprisable, et dans son péché, elle
est toutes ces
choses. Mais, un jour, elle sera sans tâche,
irréprochable, glorieuse ! ! Lors des mariages
ici-bas,
c'est un des privilèges d'un pasteur d'être
devant, et
donc de voir arriver dans l'église et remonter
l'allée
centrale, la mariée toute radieuse, superbe. Quelque soit la
beauté à l'état brut, disons, de la
femme en
question, je n'ai jamais vu de mariée qui ne soit pas
magnifique
en remontant l'allée centrale de l'église. C'est
difficile à imaginer, mais ici, nous apprenons que le peuple
qui
appartient à Jésus, l'épouse, sera,
aux noces de
l'Agneau, encore plus radieuse, encore plus pure et sans
tâche,
que la plus belle mariée que nous pouvons croiser ici-bas.
Ce
qui est frappant à la fin de ce texte, c'est que
l'apôtre
nous explique que le mariage humain a été
conçu
par Dieu comme une illustration du mariage éternel entre
Jésus Christ et son peuple (verset 29-32). Le
mystère de
l'union que vivent les couples mariés nous aide à
comprendre l'union entre l'époux divin, Dieu le Fils, et le
peuple qui a été purifié par son
sacrifice. Selon
ce texte et d'autres, la création-même de l'homme
et de la
femme avait pour but d'illustrer, de faire vivre devant nos yeux, la
réalité du projet éternel de Dieu pour
son peuple.
La soumission d'une femme illustre la soumission de Jésus
à son Père et celle de l'église
à
Jésus. L'amour sacrificiel d'un mari illustre la
réalité de la croix de Jésus, sa mort
pour nous.
Un mariage chrétien, par la grâce de Dieu, ne vise
rien de
moins que de refléter le projet éternel de Dieu.
Nous
pouvons le voir dans Éphésiens en se rappelant
que le but
de ce projet c'est que tout soit récapitulé,
résumé, en Jésus, sous lui, avec lui
comme
tête (Éphésiens 1 : 10).
C’est par
l'union en Christ de peuples divers qu'un corps est formé
(Éphésiens 2), avec Jésus comme
tête. Un
mariage, c'est la formation d'un corps uni. Cette image du corps lie
intimement la vision biblique du mariage au chapitre 5 à ce
que
l'apôtre dit depuis le premier chapitre. La
réalité
fondamentale qui se retrouve dans le mariage, c'est le projet de Dieu
d'unir un peuple à lui-même, en la personne de son
Fils.
Et la vision biblique du mariage découle de cette
réalité infiniment grande.
Deux mots aux célibataires. Premièrement, sachez
que le
mariage chrétien vous demandera un engagement
sérieux :
êtes-vous prêts à vous soumettre ou
à aimer
de façon sacrificielle l'autre ? Maintenant, c'est le moment
de
chercher à devenir une personne qui attire par sa
sainteté. Un homme qui prend ses responsabilités
et les
exerce pour le bien des autres attireront toujours les femmes qui
aiment Jésus. Une femme qui respecte les hommes et les
encourage
dans l'exercice de leurs responsabilités attirera toujours
les
hommes qui aiment Jésus. Deuxièmement, que
l'avenir vous
apporte un mariage humain ou pas, sachez que le vrai mariage, celui de
Jésus et son Église, est plus fondamental et plus
important et durera bien plus longtemps que n'importe quel mariage
humain. Ce que nous cherchons dans le mariage humain se trouve
pleinement dans le mariage avec Jésus-Christ. Sachez enfin
que
la perspective biblique à venir, c'est une
réalité
qui découle de la surprise inattendue de l'histoire : le
prince
exécuté est revenu à la vie, il a
vaincu la mort,
rendant possible la participation, autrement impossible, d'une
fiancée adultère à un mariage
éternel,
intime, satisfaisant au-delà de nos rêves, avec
Dieu le
Fils comme époux. Pour résumer, trois mots
à
retenir. Pour les femmes : du respect. Pour les hommes : de l'amour.
Pour nous tous : un sacrifice. Prions ensemble.
Tous les dimanches
à partir du 13 avril, nouvelle série :
"Comment Dieu traite ses amis... Le livre de Job" (8 dimanches)
Prière et
étude, mardi 1er avril à 20h30
Prière et
étude, mardi 22 avril à 20h30
Rencontres de
groupes de quartier : contactez-nous si vous êtes
intéressés.
Eglise protestante évangélique des Ternes - 8 rue des Ternes - 75017 Paris -- contact@eglisedesternes.org