Pierre-Sovann Chauny |
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Connaître l'homme, Dieu et le bonheur du salut
L’Institution Chrétienne, l’œuvre majeure du grand Réformateur Jean Calvin, commence avec cette phrase : « Presque toute la totalité de notre sagesse, c’est-à-dire, celle qui mérite d’être qualifiée de vraie et entière sagesse, est composée de deux parties : c’est qu’en connaissant Dieu, chacun de nous aussi se connaisse ». Le texte que nous étudions aujourd’hui nous apporte ces deux choses : la connaissance de ce que nous sommes, et la connaissance de Dieu.
Nous commencerons par la connaissance de ce que nous sommes pour deux raisons : premièrement, parce que nous suivrons l’ordre du texte, et deuxièmement, parce que ce dont nous avons peut-être le plus besoin aujourd’hui, c’est de nous voir tels que nous sommes.
L’un des héros du film d’animation l’Age de Glace 2 est un mammouth. Il s’appelle Manfred et est en train de commencer une grosse dépression, et pour cause : alors qu’il voudrait bien fonder une famille, les autres animaux autour de lui lui font remarquer qu’il est peut-être le dernier survivant de son espèce. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai, car un peu plus tard dans le film, Manfred et ses compagnons vont rencontrer Ellie, une femelle de son espèce. Manfred exulte, mais il déchante très vite : la dernière femelle mammouth se prend pour un opossum (1) – et il faut le dire, c’est assez ridicule, surtout quand Ellie essaie de dormir comme un opossum, c’est à dire la tête en bas et la queue accroché à un arbre.
Eh bien nous, les êtres humains, sommes assez souvent comme Ellie. Nous prétendons être quelque chose, alors qu’en fait la réalité est tout autre. C’est pourquoi nous avons grand besoin de nous connaître tels que nous sommes.
L’humanité se voile souvent la face. Combien de fois les hommes ont-ils essayé de réformer la société, combien de fois ont-ils voulu changer le monde, combien de fois ont-ils voulu faire advenir une nouvelle humanité ? On voit le résultat à chaque fois qu’on ouvre le journal… Nous sommes désespérants.
Mais la connaissance de ce que nous sommes ne suffit pas, car en fin de compte elle mène au désespoir. Il nous faut donc aussi connaître Dieu. Puisque nous ne pouvons espérer en l’homme, mettons notre confiance dans le Dieu qui se révèle à nous par sa Parole, par la Bible. Et si nous prenons au sérieux ce qu’il nous dit de lui-même, alors nous découvrirons un Dieu grand et merveilleux en qui nous pouvons mettre notre espérance, et c’est en le connaissant lui et lui seul que nous connaîtront le bonheur d’être sauvés. Telles sont les trois choses que nous enseigne notre texte : il nous faut connaître la misère de l’homme, il nous faut connaître la gloire de la grâce de Dieu, il nous faut connaître le bonheur du salut.
Dans son commentaire sur la lettre aux Éphésiens, John Stott résume bien ce que je veux dire ici : « Face au sombre tableau que présente notre monde, combien s’avère à propos le passage d’Éphésiens 2.1-10 ! La pensée de Paul alterne entre le pessimisme, lorsqu’il regarde à l’homme, et l’optimisme, lorsqu’il élève son regard vers Dieu. C’est cette combinaison de pessimisme et d’optimisme, de désespoir et de foi, qui donne à la Bible son réalisme si rafraîchissant. Dans le passage que nous allons étudier, Paul brosse un tableau saisissant de contraste entre ce que l’homme est par nature et ce qu’il peut devenir par grâce ».
Nous ne devons perdre de vue aucune de ces deux vérités. Chaque fois que nous oublions la grâce de Dieu et que nous nous focalisons sur la corruption de l’homme, nous tombons dans le désespoir et dans le cynisme. Mais lorsque nous ne faisons que parler de grâce et que nous négligeons de prendre en compte ce que nous sommes par nature, alors nous sommes coupables de naïveté et de présomption.
Remarquez le lien entre notre passage et le chapitre premier. Paul vient de prier pour que Dieu nous fasse connaître « quelle est l’infinie grandeur de sa puissance », une puissance (1.20) qu’il « a déployée en Christ quand il l’a ressuscité et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes » et qu’il déploie aussi en ceux qu’il a « prédestinés selon son plan » de sorte que nous pouvons dire (2.5) qu’il « nous a rendus à la vie avec Christ » et (2.6) qu’il « nous a ressuscités et fait asseoir avec lui, dans les lieux célestes, en Jésus-Christ ». Autrement dit, la destinée de Jésus-Christ est devenue notre destinée !
S’il y a un parallèle entre la destinée du Christ et a nôtre, il y aussi également une grande différence, un contraste entre ce que nous étions lorsque nous n’avions pas Christ et ce que nous sommes maintenant alors que nous sommes unis à lui. Autrefois, nous étions morts, mais maintenant nous sommes vivants. Autrefois, nous vivions selon les principes de ce monde et sous la domination de Satan, mais maintenant nous sommes assis avec Christ dans les lieux célestes. Autrefois, nous étions destinés à connaître la colère de Dieu, alors que maintenant nous sommes les objets de sa compassion, de sa grâce, de son amour et de sa bonté.
Mettons-nous maintenant à l’écoute de ce passage et apprenons à connaître et à reconnaître la misère de l’homme, la gloire de la grâce de Dieu et le bonheur du salut.
Premièrement, il nous faut :
I. Connaître la misère de l’homme
1. L’homme est par nature spirituellement mort
C’est ce que nous lisons aux versets 1 et 2 : « Quant à vous, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés, que vous pratiquiez autrefois conformément à la façon de vivre de ce monde, conformément au prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui est actuellement à l’œuvre parmi les hommes rebelles ».
On entend parfois l’illustration suivante pour expliquer dans quelle situation est l’homme : nous serions semblables à des hommes qui ont fait naufrage, qui ne savent pas nager, qui essaient de s’accrocher à des débris du bateau pour ne pas couler et qui appellent en espérant que les sauveteurs en mer les trouvent. Mais ce que dit notre passage, c’est que nous ne sommes pas ainsi, en train d’attendre un sauveur. En fait, nous sommes morts, nous avons coulé, des requins ont dévoré notre chair et nos os reposent depuis longtemps sur le fond de l’océan. « Quant à vous, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés ».
Nous devons reconnaître que par nature nous sommes morts spirituellement. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela peut paraître bizarre. Les gens autour de nous semblent bien vivants et ont des vies assez remplies. Nous avons sans doute des amis très sportifs dont le corps est bien vivant, d’autres très intelligents dont l’esprit ne semble pas prêt de s’éteindre, d’autres encore avec une forte personnalité qui ne semble pas du tout absente. Alors en quoi ces gens qui ne mettent pas leur foi en Christ sont-ils morts ? C’est bizarre !
Eh bien, d’après notre texte, ils sont effectivement morts, parce que dans le domaine qui importe le plus, le domaine spirituel, ils n’ont aucune vie en eux-mêmes. Un cadavre ne voit rien, un cadavre n’entend rien. Et les personnes autour de nous, et nous étions autrefois comme eux, ne voient pas la gloire de Christ et n’entendent pas les appels de l’Esprit - car en ce qui concerne les choses de Dieu, ils sont aussi vivants qu’un cadavre. L’homme est par nature spirituellement mort même s’il est par certains aspects bien vivant. Verset 2 : il « pratique » le péché et « se conforme à la façon de vivre de ce monde » ; verset 3 : « notre conduite est dictée par les désirs de notre propre nature », « nous accomplissons les volontés de la nature humaine et de nos pensées ». L’homme spirituellement mort est en fait une sorte de mort-vivant : c’est un cadavre en ce qui concerne les choses de Dieu, mais en ce qui concerne le péché, il vit. Ceux qui possèdent une telle vie sont morts quoique vivants. Ils sont esclaves de la façon de vivre de ce monde, de leur propre nature et du diable, de sorte qu’ils n’ont en eux aucun désir sincère de Dieu.
Si nous disons que nous connaissons des gens comme cela sans nous inclure dedans, alors c’est que nous n’avons rien compris, car voici ce que nous lisons au verset 3 : « Nous tous aussi, nous étions de leur nombre ». Tous les hommes sont ainsi devant Dieu : des cadavres incapables par eux-mêmes d’entendre ou de voir quoi que ce soit de Dieu. Pour cette raison, parce que nous sommes par nature spirituellement morts, nous sommes destinés à la colère.
2. L’homme est par nature destiné à la colère de Dieu
Relisons à la fin du verset 3 : « Nous étions, par notre condition même, destinés à la colère, tout comme les autres ».
Parce que nous sommes spirituellement morts, naturellement et désespérément rebelles à notre Créateur, nous encourons sa juste colère. Nous sommes par nature enclins à haïr Dieu notre Créateur. Il nous a créés pour que nous célébrions la gloire de sa grâce, et nous, nous la dédaignons. Nous nous rendons ainsi coupables d’une faute infiniment grave, car nous méprisons celui qui a une valeur infinie. La conséquence en est que nous méritons un châtiment infini. Nous voyons là combien notre péché et notre misère sont grands, car Dieu notre créateur ne veut pas laisser impunie une telle rébellion. Nous sommes spirituellement morts par nature, destinés à la colère. C’est là ce qu’il nous faut connaître de l’homme.
Voici pour la mauvaise nouvelle.
Heureusement, ce n’est pas tout. Il ne faut pas seulement nous connaître tel que nous sommes, il faut aussi :
II. Connaître la gloire de la grâce de Dieu
1. Dieu nous a aimés alors que nous n’étions pas aimables.
« Nous étions, par notre condition même, destinés à la colère, tout comme les autres. Mais (verset 4) Dieu est riche en compassion » et nous a aimés d’un grand amour. Pourquoi Dieu nous a-t-il aimés ? Nous ne le savons pas ! Tout ce que nous pouvons savoir, c’est que ce n’est pas parce que nous le méritons qu’il nous a aimés. Il nous a aimés alors que nous n’étions pas aimables. Voilà le mystère de la grâce : Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes aimables. Il nous aime alors que nous sommes détestables. Il aime ceux qui par nature le détestent et le fuient. Il vient sauver ceux qui n’avaient aucun égard pour lui. Il vient souffrir à la place de ceux qui le méprisent et l’ignorent. Dieu nous aime non pas en raison de quoi que ce soit d’aimable en nous, mais en raison de ce qu’il est. Dieu nous aime parce qu’il est amour. Dieu nous aime parce que c’est sa volonté de nous aimer. Qui est comme Dieu pour aimer ceux qui le détestent et qui l’ignorent, alors que nous ne sommes devant lui que des cadavres en décomposition ?
Dieu nous a aimés alors que nous n’étions pas aimables, et la preuve de cela dans la vie du chrétien, c’est que :
2. Dieu nous a ressuscités avec Christ alors que nous étions morts
« A cause du grand amour dont il nous a aimés, (verset 5) nous qui étions morts en raison de nos fautes, il nous a rendus à la vie avec Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés ».
La grâce, c’est lorsque Dieu fait quelque chose pour nous dont nous sommes incapables. Un mort est incapable de revenir à la vie de lui-même. Lorsque nous serons physiquement morts, notre corps ne pourra revenir à la vie avant que Dieu ne le ressuscite au dernier jour. Or, nous sommes par nature spirituellement morts, nous sommes esclaves de notre monde, de notre nature et du diable. Alors Dieu manifeste l’infinie grandeur de sa puissance en nous ressuscitant spirituellement : il change notre cœur, nous donne une nouvelle volonté qui, cette fois, est orientée vers lui de sorte que, maintenant, nous pouvons prendre plaisir en lui et célébrer la gloire de sa grâce. C’est par grâce que nous sommes sauvés, sans aucune contribution de notre part. Nous nous étions noyés, nous avions été dévorés par des requins et nos os reposaient au fond de la mer. Mais Dieu nous a ressuscités et nous a fait revenir à la vie avec Christ, il a uni notre destin au sien. Dans quel but Dieu fait-il tout cela ? Le verset suivant nous l’apprend :
3. Dieu fait cela pour que nous célébrions sa grâce
« Il nous a ressuscités et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes en Jésus-Christ. (verset 7) Dieu a fait cela afin de montrer dans les temps à venir l’infinie richesse de sa grâce par la bonté qu’il a manifestée envers nous en Jésus-Christ ».
Il y a une chose qui est plus importante pour Dieu que notre salut. La deuxième chose la plus importante, c’est notre salut. Mais la chose qui compte le plus pour lui, c’est de déployer éternellement l’infinie richesse de sa grâce.
Alors, Dieu serait-il égocentrique ? Oui… et heureusement, car sinon il serait idolâtre ! L’idolâtrie, nous en sommes tous coupables : c’est aimer quelque chose plus que Dieu ; c’est chérir comme notre bien suprême autre chose que ce qui mérite suprêmement d’être aimé, à savoir Dieu. Mais si Dieu ne cherchait pas sa gloire, il serait coupable d’idolâtrie et ne serait plus Dieu. C’est pourquoi, en cherchant à manifester la gloire de sa grâce, il manifeste aussi son amour envers nous qui croyons, car il préserve le don le plus important qu’il nous fait : sa propre personne.
Voilà ce que nous devons connaître de Dieu : il nous aime alors que nous ne sommes pas aimables, à tel point qu’il manifeste sa puissance en nous unissant à Christ pour que nous servions à célébrer sa gloire.
Nous devons connaître ce qu’est l’homme, nous devons connaître qui est Dieu. Nous devons enfin :
III. Connaître le bonheur du salut
1. Nous sommes sauvés par la grâce
Nous le voyons aux versets 8 et 9 : « En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés… Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres afin que personne ne puisse se vanter ».
Nous trouvons ici deux principes : celui de la grâce et celui des œuvres. Les œuvres, c’est ce que nous faisons pour Dieu, la grâce, c’est ce que Dieu fait pour nous. Ce que l’on trouve dans toutes les religions du monde, c’est le principe des œuvres : des hommes religieux, moraux font de bonnes œuvres pour obliger Dieu à les sauver. Et puis il y a le christianisme authentique qui définit le principe de la grâce : l’homme n’est pas sauvé selon sa performance ou parce qu’il le mérite, mais il est sauvé alors qu’il ne le mérite pas, alors qu’il ne contribue en rien à son salut, alors qu’il n’y a rien dont il puisse se vanter. Les religions disent : « si tu es pieux, tu seras sauvé ». Mais la Bible dit : « Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ». Le salut est un cadeau qu’on ne peut acheter avec les soi-disant bonnes actions de personnes spirituellement mortes. Nous sommes sauvés par la grâce. Mais comment cela se passe-t-il exactement ? C’est ce que nous voyons maintenant :
2. Nous sommes sauvés au moyen de la foi
Relisons le début du verset 8 : « En effet, c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi… ».
De quelle foi parle-t-on ici ? De la foi d’un homme qui sait jusqu’au plus profond de lui-même que Jésus a vécu la vie d’obéissance que nous aurions dû vivre et que nous n’avons pas vécue en tant qu’hommes rebelles à notre créateur, et que Jésus a aussi souffert la mort que nous aurions dû souffrir parce que nous sommes par notre condition même destinés à la colère.
La foi est l’instrument que Dieu utilise pour sauver des hommes selon le principe de la grâce. Nous sommes sauvés par grâce, parce que nous ne pouvons le mériter. Et nous sommes sauvés par la foi, car il s’agit de l’instrument le plus approprié au principe de la grâce : la foi, c’est une main vide que nous élevons vers Dieu en espérant sa compassion, parce que nous savons que nous ne pouvons rien apporter de nous-mêmes. Nous étions morts, et Dieu nous a ressuscités. Nous étions des ossements desséchés, et il nous a rendus à la vie avec Christ. Nous lui étions rebelles et étions incapables de prendre plaisir en lui, mais il a changé notre orientation et nous a donné une nouvelle volonté qui lui fait confiance, qui met sa foi en lui.
Nous sommes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi. Mais ce n’est pas tout :
3. Nous sommes sauvés pour de bonnes œuvres
C’est ce que nous voyons au verset 10 : « En réalité, c’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus-Christ pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions ».
Dieu sauve par grâce des personnes spirituellement mortes, il les unit à Jésus et en fait de nouvelles créations. Nous sommes sauvés par la grâce pour de bonnes œuvres.
Nous avons ici un parallèle frappant avec ce qui est arrivé au peuple d’Israël : après la délivrance de l’esclavage d’Égypte, Dieu a donné aux Israélites une Loi pour les aider à mieux vivre. Il en va de même pour nous : après nous avoir délivrés de notre esclavage du monde, du diable et de notre propre nature, Dieu va enfin produire en nous de véritables bonnes œuvres qui sont mentionnés dans la suite de cette lettre.
Le salut ne se limite donc pas à échapper au jugement de Dieu et à avoir le droit d’entrer dans sa présence. Dieu nous sauve aussi pour nous transformer. Il va tourner notre vie tout entière vers lui, parcelle après parcelle. C’est pourquoi, au lieu de pratiquer le péché que nous pratiquions autrefois, il nous faut désormais vivre pour lui en l’aimant de tout cœur.
Conclusion
Ce texte nous enseigne l’incapacité de l’homme a se sauver lui-même. Au contraire, notre condition naturelle est telle que Dieu a dû déployer de grands moyens. On n’emploie les grands moyens que pour résoudre de grands problèmes. Or, regardez au verset 19 du chapitre 1 combien Paul a du mal à décrire la grandeur des moyens que Dieu a employés pour nous sauver : il prie que nous sachions « quelle est l’infinie grandeur de sa puissance qui se manifeste avec efficacité par le pouvoir de sa force envers nous qui croyons ». La condition de l’homme est telle qu’il faut une résurrection pour que nous mettions notre foi dans le Christ qui nous sauve. Alors la question se pose : et vous, de quel côté êtes-vous ? Faites-vous partie des vivants ou faites-vous partie des morts ?
Si vous faites partie des vivants, alors rendez toute la gloire à Dieu pour votre salut, exultez de ce que vous n’avez aucunement contribué à votre salut, célébrez la gloire de sa grâce ! Réjouissez-vous de ce Dieu parfaitement libre qui n’était aucunement obligé de vous sauver et qui pourtant a choisi de le faire. Je me rappelle d’une discussion que j’ai eu avec ma femme Audrey à l’époque où nous n’étions pas encore ensemble : elle disait qu’elle se demandait assez souvent « Pourquoi moi ? Pourquoi Dieu m’a-t-il sauvée ? ». C’est cette question que nous devons nous poser en nous réjouissant de ce que nous avons été choisis indépendamment de tout mérite personnel. Vous les vivants, réjouissez-vous et prenez plaisir en Dieu !
Quant à vous qui êtes morts dans vos fautes et vos péchés, je vous invite à ouvrir les yeux de votre cœur et à reconnaître la misère de votre condition. Vous êtes devant Dieu aussi morts qu’un cadavre. Vous êtes devant Dieu aussi morts que ce que Lazare était au fond de son tombeau alors qu’il y reposait depuis quatre jours. Lorsque Jésus demanda qu’on enlève la pierre du tombeau de Lazare, Marie – la sœur du mort – répondit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là ». « Il sent » !
Nous nous n’aimons pas ce qui sent. J’ai lu il y a quelques semaines un article sur une femme égyptienne qui avait obtenu le divorce, et voici quel était le titre de l’article : « elle divorce parce qu’il pue trop ». Ce monsieur de 39 ans refusait le contact du savon et du dentifrice depuis quelques années… Nous n’aimons pas ce qui sent ! Mais ce n’est pas le cas du Dieu qui a ressuscité Lazare. Nous sommes des personnes répugnantes pour Dieu, mais à la différence de nous, il aime certains de ceux qui lui répugnent. « C’est ce qu’il a voulu dans sa bienveillance pour que nous célébrions la gloire de sa grâce dont il nous a comblés dans le bien-aimé ». Prions.
Pierre-Sovann Chauny
(1) Opossum : petit mammifère qui descend de la plus ancienne famille connue de marsupiaux. [Retour en haut]
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